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Personnel infirmier : des investissements sont nécessaires pour régler les problèmes liés aux congés de maladie

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Publié le lundi 21 novembre 2011 

Argent | Selon Higgs, le problème coûte 87 millions de dollars par année aux contribuables

A1

Par CHRIS MORRIS
The Daily Gleaner

 

Selon le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, le gouvernement conservateur devra dépenser de l’argent pour faire du secteur des soins de santé un milieu plus sain dans lequel travailler.

Blaine Higgs, ministre des Finances, a dit n’être pas très content des taux élevés d’absentéisme au sein du système de soins de santé de la province, et mentionne que ces taux se chiffrent, en moyenne, à 20 jours par année. Cela gruge, annuellement, 87 millions de dollars aux budgets alloués aux soins de santé.

Selon le ministère des Finances, le taux d’absentéisme est le plus élevé chez le personnel des foyers de soins et se chiffre à 21 jours par employé par année. Ces jours s’ajoutent aux jours de vacances et aux congés fériés.

« Je pense comme un homme d’affaires », a récemment souligné Higgs au moment de parler de la réforme gouvernementale et de la réduction des coûts.

« Que faut-il faire? Jetons un coup d’œil à l’absentéisme dans le secteur des soins de santé – cela nous coûte 87 millions de dollars, une moyenne de 20 jours par année. »

Marilyn Quinn, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, mentionne que le personnel infirmier se préoccupe aussi des taux élevés d’absentéisme qui engendrent du stress dans tout le système.

Quinn mentionne qu’elle pense que le personnel infirmier du Nouveau-Brunswick a le taux le plus élevé de congés de maladie au pays.

« Nos infirmières et infirmiers courent le risque de blessures à chaque jour », mentionne-t-elle lors d’un entretien. « La province compte 250 infirmières et infirmiers en invalidité de longue durée – cela signifie qu’ils sont absents du travail pour plus de quatre mois et cela pourrait aller à deux ans et plus. Il y a 170 infirmières et infirmiers recevant des indemnisations de Travail sécuritaire NB en raison de blessures au travail. »

« De toute évidence, nous sommes intéressés à régler le problème. Le personnel infirmier veut un milieu de travail dans lequel ils peuvent exercer leur métier en toute sécurité. »

Quinn mentionne avoir rencontré Higgs pour parler du problème et avoir présenté des propositions pour améliorer les conditions de travail.

« Nous avons dit au gouvernement : ‘Nous allons travailler avec vous’. Mais cela exigera un petit investissement de la part du gouvernement », ajoute-t-elle.

« Cette proposition est maintenant au ministère de la Santé. Nous l’avons soumise à Blaine Higgs. Nous sommes aussi impatients de parler de nos congés de maladie. »

Quinn précise que la proposition du syndicat consiste essentiellement en un programme de réduction des blessures qui exigera, entre autres, l’achat de nouveaux équipements pour aider le personnel infirmier à soulever et à déplacer les patients.

« Les infirmières et les infirmiers doivent souvent soulever des patients et ce poids dépasse celui qu’ils devraient soulever », souligne-t-elle. « Parfois, le personnel infirmier qui a subi des blessures au cou ou au dos ne retourne jamais au chevet des patients. »

Selon Quinn, imposer un type de mécanisme de pénalité ou retirer, de façon arbitraire, les congés de maladie ne seront d’aucune aide.

« Retirer les congés de maladie n’améliorera pas la santé des personnes ou n’aidera pas à prévenir les blessures. Nous savons que cela représente un coût énorme pour le système mais nous pouvons entrevoir le coût pour nos membres. »

Higgs, ancien dirigeant à Irving Oil, a souvent mentionné être préoccupé par le coût de l’absentéisme dans le secteur public.

Des sondages, menés par Statistique Canada, et portant sur la main-d’œuvre canadienne, démontrent de façon constante que l’absentéisme dans le secteur public est plus élevé que dans le secteur privé. De plus, dans tout le pays, les taux d’absentéisme sont beaucoup plus élevés dans le secteur des soins de santé que dans tous les autres secteurs.

« Les employés à temps plein du secteur public (plus susceptibles d’être des employés syndiqués ou des femmes) ont perdu davantage de journées de travail (11,8 jours) en 2010 pour des raisons personnelles que leurs homologues du secteur privé (8,2 jours) », selon le rapport récent de Statistique Canada sur les absences au travail.

Lors d’un entretien, Ralph McBride, représentant du SCFP, a mentionnée qu’il ne peut déterminer comment Higgs est arrivé au chiffre de 87 millions de dollars.

Selon McBride, le coût est beaucoup moindre.

« Nous avons appris que l’absentéisme est un problème qu’il veut examiner », a-t-il dit en parlant de Higgs.

« Il doit comprendre qu’il ne s’agit pas ici de la société Irving Oil. Certaines de ses idées s’appuient sur la mentalité du secteur privé. Ça ne marche pas comme ça. Nous travaillons dans un domaine qui s’occupe de la maladie. Si vous êtes un travailleur de première ligne, vous allez être beaucoup plus exposé que les autres. »